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Revue Française des Finances Publiques

Les aides au développement économique local - Actualité, instruments, perspectives

RFFP n° 109 – 2010

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Editorial

Hommage au Premier Président Philippe Séguin

Le décès soudain le 7 janvier dernier du Premier Président Philippe Séguin n’a pas seulement frappé de stupeur et de tristesse le monde des finances publiques. Il a suscité une vive émotion dans l’ensemble de l’opinion, unanime à saluer les qualités de ce très grand serviteur de l’État et sa conception exigeante de la République.

La Revue française de finances publiques que le Premier Président Philippe Séguin avait honorée de sa signature à plusieurs occasions, s’associe à la peine de sa famille et de tous ses proches. Elle dédie ce numéro à sa mémoire, en hommage à l’action considérable qui a été la sienne à la tête de la Cour des comptes, pour un renforcement du contrôle des finances publiques au service de la démocratie.

Ses écrits en portent témoignage : sa conviction en la matière était profonde ainsi que solidement enracinée. Président de l’Assemblée nationale il appelait déjà de ses vœux en 1997 un renforcement des relations de la Cour des comptes avec le Parlement (1) tout en exprimant le souhait – que devenu son Premier Président il réitèrera très régulièrement par la suite – que la Cour « soit à égale distance de l’exécutif et du législatif, car, écrivait-il, c’est cette position qui lui assure son indépendance et son autorité ». La Cour, écrira-t-il encore en 2007, est une « vigie des finances publiques » ; … « chargée d’alerter les pouvoirs publics sur les dysfonctionnements de la gouvernance financière, (elle) a aussi pour mission d’informer le citoyen. Lors de la publication de ses divers rapports, elle le prend à témoin et recherche son appui afin que les préconisations formulées soient suivies d’effet » (2). Le Premier Président Séguin avait une très haute conception de la place et du rôle de la Cour et il avait très clairement exprimé, notamment à travers ses réflexions relatives à la LOLF, son ambition que la Cour s’inscrive dans les évolutions de son temps. Dans un article intitulé « La LOLF et la Cour des comptes », il observait que la LOLF faisait « peser sur nous de nouvelles exigences auxquelles nous devons répondre en préservant notre équilibre » (3). On gardera en mémoire de même son action vigoureuse et répétée en faveur d’une rénovation des régimes de responsabilité, « l’autre réforme » indispensable à ses yeux pour une réforme cohérente du cadre juridique d’ensemble des finances publiques (4). Dans la brillante allocution de clôture qu’il avait prononcée à Bercy le 4 mai 2009 dans le cadre du colloque organisé par FONDAFIP sur les finances publiques face la crise, il avait une nouvelle fois rappelé avec vigueur le rôle selon lui essentiel des institutions supérieures de contrôle des finances publiques « pour contribuer à rétablir des mécanismes crédibles de responsabilité, pour contribuer à plus de transparence et à une évolution soutenable des politiques budgétaires » (5).

Cette conviction de la place fondamentale du rôle de la Cour des comptes au service de la démocratie l’avait aussi amené à s’engager de manière particulièrement active en 2007 dans la commémoration par la Cour des comptes de son bicentenaire. À l’occasion des différents événements qui se sont déroulés dans ce cadre, chacun a pu mesurer l’apport du Premier Président Séguin au rayonnement de cette commémoration qui restera, indéniablement, dans les mémoires.

Le signataire de ces lignes qui a eu l’honneur et le privilège de travailler régulièrement avec le Premier Président Philippe Séguin, que ce soit au Conseil des prélèvements qu’il présidait, ou encore dans le cadre des colloques et conférences de FONDAFIP auxquels il voulait bien apporter un concours actif et constant, ou bien encore lors de la réalisation de numéros de la RFFP, voudrait exprimer sa profonde tristesse et ses regrets. Le Premier Président Philippe Séguin n’était pas seulement un très grand premier président de la Cour des comptes, qu’il aura marquée considérablement de son action. Il était un très grand homme d’État. Il avait cette qualité, rare, d’entraîner les hommes et les femmes qui l’entouraient et de les rallier autour de sa vision du bien public et de l’intérêt général. Une vision en filigrane de laquelle on devinait une conception profondément humaniste.


Michel BOUVIER


(1) Philippe Séguin, « La Cour des comptes et le Parlement : Avant-propos », RF fin. publ. n° 59-1997.
(2) Philippe Séguin, «La Cour, vigie des finances publiques», RF fin. publ.n°100 – Novembre 2007, p. 223.
(3) Philippe Séguin, «La LOLF et la Cour des comptes », RF fin. publ. n° 97 – Mars 2007, p. 41.
(4) Philippe Séguin, « Finances publiques et responsabilité : l’autre réforme. Introduction », RF fin. publ. n° 92 – Novembre 2005, p. 5.
(5) Philippe Séguin, « Les finances publiques face à la crise : Allocution de clôture », RF fin. publ. n°108 – Octobre 2009, p. 91.

 

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