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Revue Française des Finances Publiques

La modernisation des administrations financières

RFFP n° 54 – 1996

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Editorial


ÉDITORIAL

À un moment où la réforme de l'État est un thème fort dans les évolutions jugées nécessaires, la RFFP se devait de consacrer un numéro à la question de la modernisation des administrations financières.
Ces dernières constituent en effet un terrain privilégié d'analyse des transformations de l'État dans la mesure où elles se trouvent toujours confrontées, et de manière immédiate, aux modifications qui se produisent au sein des sociétés. En même temps, et bien qu'elles rencontrent les mêmes nécessités d'adaptation que les autres administrations, les fonctions particulières dont elles sont chargées les placent en situation d'autant plus délicate qu'elles ont en charge la gestion d'un élément particulier, qui est l'argent public. Aussi, et parce qu'elles se trouvent intégrées à des réseaux financiers qui connaissent depuis ces dernières années de notables restructurations, parce qu'elles sont en prise directe avec l'ensemble des acteurs économiques et sociaux, parce qu'elles sont journellement en relation avec des citoyens-contribuables dont les mentalités, les besoins, les situations ont parfois été totalement bouleversés, ces administrations sont amenées à devoir emprunter des voies souvent originales pour s'adapter.
D'un autre côté, cette démarche de changement les administrations financières la connaissent bien pour l'avoir déjà empruntée, il y a maintenant une cinquantaine d'années, lorsqu'il s'est agi après la seconde guerre mondiale de poser les bases d'une organisation nouvelle de l'État et de mettre en place un système de gestion et de prévision permettant de piloter au plus près le vaste ensemble que représentait la nation. L'enjeu d'alors était de parvenir à rationaliser les divers organes administratifs existants, de simplifier leur fonctionnement notamment en vue de mieux maîtriser les circuits financiers. À l'époque, l'État-providence commençait à s'affirmer et l'objectif était de mettre fin à un éparpillement séculaire de la gestion administrative des deniers publics, en particulier par un mouvement d'unification accru des services.
Aujourd'hui, l'air du temps comme la réalité concrète ne sont plus les mêmes. La société s'est décentralisée et elle est devenue aussi largement plus complexe qu'autrefois. En même temps, elle s'est également libéralisée et le modèle de l'État ne peut plus être le même. Aussi, si la modernisation des méthodes de gestion publique est bien de nouveau à l'ordre du jour, l'objectif général a quant à lui profondément changé. Il ne s'agit plus de bâtir un État interventionniste, dirigiste, mais bien plutôt un État stratège, sachant déléguer ses responsabilités pour mieux faire respecter les règles d'un jeu social au sein duquel les acteurs sont en mesure de se confronter librement. L'État contemporain est par ailleurs un État qui doit se préoccuper de la maîtrise du coût de ses activités, de son efficacité et de sa productivité. Il doit donc, pour ce faire, parvenir à contrôler sa gestion, et par conséquent adopter une attitude évaluative et prospective.
Un tel changement pourrait à priori sembler inconcevable dans le cadre d'administrations financières dont les fonctions sont traditionnellement régaliennes. Or et avec certes les difficultés que les auteurs de ce numéro ne cachent pas, il ressort d'une lecture attentive de la modernisation en cours le sentiment qu'une évolution en profondeur est néanmoins en train de voir le jour, laissant à penser qu'à l'image de structures très centralisées s'en substitue une autre, plus dynamique, plus proche de la réalité de la société française d'aujourd'hui.

Michel Bouvier

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